Cadouin



   
     

Le village de Cadouin doit son renom à son abbaye fondée en 1115 et à l'un des plus importants pèlerinages de la Chrétienté.

Le Saint Suaire de Cadouin est une pièce de lin ornée de bandes brodées, ramenée d'Orient par un moine ayant participé à la première croisade de 1092. Entrée en possession d'un moine périgourdin, cette pièce réputée avoir entouré la tête du Christ est arrivée à Cadouin en 1117. L'arrivée du Saint Suaire, exposé dans un reliquaire en argent, donna aussitôt lieu à un pèlerinage d'une importance comparable à celle de Rocamadour. Richard Coeur de Lion et Rabelais sont passés par Cadouin.

Personne ne s'était soucié des mystérieuses inscriptions brodées sur le Suaire. Durant la guerre de 100 ans, le Suaire fut confié aux chanoines de Toulouse, la ville offrant une meilleure protection contre les Godons. Mais les chanoines refusèrent de le rendre. Il fallut donc le voler pour le récupérer. Il fut à nouveau dissimulé au couvent d'Aubazine, qui refusa à son tour de le rendre.

Finalement Cadouin retrouva son suaire en 1461, grâce à l'arbitrage de Louis XI et moyennant une forte indemnité. Le retour du Suaire donne lieu à la rénovation de l'église et la construction du cloître gothique. Interrompu à la Révolution, le pèlerinage reprit de plus belle à la Restauration. Il a fondé la prospérité du village jusqu'au XXème siècle, Cadouin vivant alors du commerce de médailles, de croix et d'images pieuses.

Mais à partir des années 1920, des doutes sont apparus sur l'authenticité du Suaire. En 1934 une expertise fut confiée à un savant orientaliste par l'évêque de Sarlat. Devant l'évêque et les chanoines médusés, l'expert n'eut aucun mal à identifier et traduire les inscriptions brodées sur la pièce de lin, une écriture arabe ancienne.

"Mahomet est l'envoyé d'Allah, Ali est l'ami d'Allah. Que la bénédiction d'Allah soit sur eux, leur famille et leurs amis"

Les expertise ultérieures confirmèrent que cette pièce ne pouvait dater de l'époque du Christ. Le pèlerinage s'effondra aussitôt et l'évêque de Sarlat ne remit plus les pieds à Cadouin. Le Suaire est actuellement exposé dans une salle attenant au cloître, dans une vitrine à température et hygromètrie constantes. Il n'a désormais plus qu'un intérêt touristique.